L'enseignement y est de qualité : l’atelier Jaudon grandit : en 1939, 200 élèves y étaient inscrits ; le ruthénois Pierre Soulages y fit ses classes durant quelques mois vers 1937. Il est alors nommé en 1938 professeur à l’Ecole des Beaux Arts. Il y enseignera la lithographie, à la suite de Louis Huvey. Parallèlement, il poursuit ses cours dans son atelier, suivis, entre autres, par le Prince de Roumanie. Il se retire en 1949 dans l’Oise, sans renoncer pour autant à ses cours à l’Ecole des Beaux Arts. En 1950, il est élevé au grade de commandeur dans l’ordre des Palmes académiques. Il quitte ses fonctions en 1959.
Jaudon fut un grand pédagogue : Jacques Auriac fera la carrière que l’on sait comme affichiste et Jean Dewasne, membre de l’Académie des Beaux Arts, comme Pierre Soulages, se tourneront vers l’abstraction.
A la mi-août 1966, le voici à la Canourgue chez sa sœur Jeanne où il vit son dernier séjour en Lozère. Jaudon, accompagné de sa gouvernante, regagne Puiseaux. Une semaine plus tard, il meurt, presque subitement, le samedi 24 août, en début d’après-midi.
Il avait débuté, en 1922, sa carrière de pédagogue chez Gustave Umdenstock, architecte d’origine alsacienne. Quatre années plus tard, il ouvre un cours.
René Jaudon naît à Marvejols en 1889 dans la rue des Teinturiers, mais il a les jambes atrophiées. Ses parents acquièrent alors une maison plus fonctionnelle dans leur village d’origine, Chirac. René poursuit sa scolarité chez les Frères du Sacré-Cœur, puis, en 1900, le famille se fixe à Chalons sur Saône. Après un premier emploi à l’agence chalonnaise du Comptoir d’Escompte de Paris, il devient apprenti dessinateur-lithographe à l’imprimerie Moret.
Il monte à Paris pour préparer les Arts Déco et il en réussit le concours en 1908. Pour survivre, il trouve un emploi de dessinateur-lithographe à l’imprimerie Plummereau, puis chez Hachette. En 1910, nouveau succès. Il entre à l’Ecole des Beaux-Arts. Section peinture, il côtoie Soutine. En 1913, il passe avec brio les épreuves éliminatoires pour le Grand Prix de Rome, mais il échouera à l’épreuve finale. La Grande Guerre terminée, on retrouve Jaudon élève des Beaux-Arts chez Flament et Renard. Prix de la Casa Velasquez, il séjourne en Espagne. Vers 1920, il rencontre Berthe Dubois, fille d’un sculpteur. Ils se marient à Paris, le 28 novembre 1922. Sa carrière artistique s’ouvre alors et pendant près de quarante ans, Jaudon se donnera avec fougue à son métier, sa passion : l’enseignement de la lithographie, la peinture, la gravure.
autoportrait
Nature morte au violon
Retour à Patrimoine
L'accordéoniste
Retour à "Ils ont marqué notre village"
René Jaudon